Schtroumpfs
Salut les vieux,
Une de mes nombreuses frustrations au début des années 80 était de ne pas avoir la même console que mon ami Rodolphe. J’avais opté et insisté auprès de mes parents pour avoir une Videopac comme le fils du kiné du village. Mais c’était sans compter qu’un jour après les cours j’allais me retrouver chez Rodolphe qui était l’heureux propriétaire d’une Colecovison.
Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais vu cette console. Ce jour-là je m’aventurai dans les quartiers de la gare de mon village, quartier très éloigné du centre et de par ce fait, de chez moi, mais où vivait mon camarade classe Rodolphe avec qui je devais travailler un exposé sur les fourmis et leur organisation pour Mr Favet notre professeur bien aimé de biologie.
Je vous passe les détails de nos recherches scientifiques car nous étions de bien tristes myrmécophiles, mais l’après-midi devint très intéressante lorsque mon hôte sortit du placard sa Colecovision et que je la voyais pour la toute première fois.
Le jeu choisi était Schtroumpfs. La console allumée, j’eu un choc ; les couleurs étaient magnifiques et les musiques impressionnantes. Bien évidemment il n’y avait aucune comparaison possible avec ma Videopac. Malgré une manette un tant soit peu déroutante, j’étais impressionné du résultat que j’avais devant les yeux.
Le jeu quant à lui était assez curieux, le but était d’aller délivrer la Schtroumpfette des griffes du méchant Gargamel en traversant quatre tableaux dont le scrolling était inexistant mais qui chacun contenaient une musique différente. Notre Schtroumpf étant nu comme un vers, le seul moyen d’éviter les obstacles ainsi que les divers ennemis rencontrés était de les esquiver grâce à un saut millimétré ou tout simplement de s’abaisser. Je dois avouer que j’en ai bavé avec ces maudits sauts car on ne saute pas avec le bouton sinon avec le joystick vers le haut. Pas évident du tout.
Malgré un émerveillement constant, je vous dois d’être honnête sur la grosse déception lorsque arrivé au château de Gargamel, le seul obstacle était un crâne sur lequel il fallait sauter à l'aide d'un double saut pour délivrer la Schtroumpfette. Une fois cette quête rempli le jeu reprend au premier tableau avec la seule différence que les tableaux se rallongent et les ennemis se font de plus en plus dangereux. De plus, vous avez depuis le début un temps limité pour chaque tableau, donc plus ils sont long plus vous avez de chance de perdre toute votre énergie si vous vous attardez un peu trop.
Cette après-midi-là a été très instructive et je ne parle pas des fourmis mais plutôt de cette console à côté de laquelle j’étais passé. Je vous ai parlé l’autre jours des choix que l’on fait dans sa vie et qui certainement ont une grande influence sur le déroulement futur de notre vie, la Colecovision a été un de ces choix qui aurait pu changer ma vision du jeu vidéo. L’histoire voudra que je n’en ait jamais car après avoir vendu ma Videopac je suis passé à l’informatique domestique avec mon VG5000, mais depuis le 14 février j’ai enfin cette magnifique console à la maison et depuis, je rattrape le temps perdu.



