Salut les vieux,

Mes aventures avec la famille de moitié d’esquimau n’était pas terminée, malgré la fin de l’été et une disquette effacée. L’hivers s’était installé dans ma Provence natale et il était temps que je monte dans la capitale afin de rendre visite à ma moitié d’esquimau et son frère geek.

Leur appartement était situé à Marly-le-Roi. Très accueillant et bien sympas. Une fois les retrouvailles terminées et formalités d’usages accomplies, je m’invitais à pas de loup dans la chambre du frère où celui-ci était en train, bien évidement de jouer sur son Amstrad.

Je pris une jaquette de jeu parmi les quelques-unes qui trainaient sur son bureau et fus tout de suite séduit par une superbe couverture et par un titre qui m’interpella : Gabrielle. Je lui demandais gentiment s’il ne voulait pas me faire essayer ce jeu qui m’avait l’air sympathique et me répondit qu’un copain de classe le lui avait laissé pour les vacances mais qu’en gros c’était une belle merde.

Gabrielle (F)

Bien décidé à y donner une chance tout de même, j’insistais lourdement comme un vrai beauf que j’étais. Lorsque l’écran de jeu s’affichât, je fus subjugué par la beauté de cette magnifique inspiration du dessin Siren Song de Boris Vallejo et subliment accompagné de Like a Virgin de Madonna. De nos jours ceci frôlerait l’inconscience éditoriale.

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Je me léchais déjà les babines jusqu’au moment où j’ai commencé à y jouer. Disons que les graphismes étaient très jolis mais l’animation une insulte à tous ce qui touchait de près ou de loin au monde du jeu vidéo. C’était horrible, incontrôlable, lorsqu’il n’y avait pas de Sprite à l’écran Gabrielle courait à une vitesse vertigineuse, mais dès qu’un Sprite ou deux apparaissaient, la vitesse était réduite par 10 et il devenait impossible de contrôler quoi que ce soit.

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J’essayais tant bien que mal de ramasser les objets qui allaient être utiles dans ma quête mais rien n’y faisait, si vous n’étiez pas au pixel près, Gabrielle refusait de prendre l’objet en question. C’était horriblement lent et impossible à prendre en main. Les ennemis étaient très difficiles à tuer, les sauts hasardeux. Un véritable cauchemar au paradis des anges.

Sauf pour le petit frère Geek.

Lorsqu’il prit le joystick, on aurait dit un autre jeu, il dominait sans effort les lenteurs extrêmes de Gabrielle, détruisait les ennemis sans problème, et s’infiltrait dans le deuxième monde qui n’était autre que l’enfer sans le moindre souci.

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Dégouté, je retournais auprès de l’esquimau sœur, pour noyer ma peine et ma frustration dans une bonne bouteille de rouge ouverte pour l’occasion. Depuis je relance le jeu par nostalgie de ces excellentes vacances de Noël 1988.